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Programme de monitorage de la zone Atlantique

Des scientifiques de Pêches et Océans Canada provenant des quatre régions de l’Atlantique, dont l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) pour la région du Québec, ont mis au point le Programme de monitorage de la zone Atlantique (PMZA). Ce programme vise à détecter, suivre et prévoir les changements de productivité et d’état du milieu marin. Cette information est essentielle afin de pouvoir s’attaquer à des grands enjeux comme l’impact des changements climatiques ou encore pour appuyer l’approche écosystémique permettant d’assurer la saine gestion de l’écosystème du Saint-Laurent dans un esprit de conservation des ressources et de protection du milieu marin pour les générations à venir. Le PMZA construit des séries de données temporelles qui seront nécessaires pour considérer des problèmes futurs. Nous présentons ici une description du programme, des variables océanographiques mesurées, des méthodes d’échantillonnage, et des stations et activités qui concernent les eaux du Saint-Laurent.

Les mesures de différentes variables océanographiques sont effectuées dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent de façon à décrire la variabilité annuelle et interannuelle des conditions environnementales de cet écosystème. Les données sont interpolées de façon à créer des séries temporelles pour chacune des stations fixes et des indices de l’état océanographique du golfe Saint-Laurent sont élaborés à partir des données obtenues lors de grands relevés.

Le NGCC Hudson est un navire scientifique de la Garde côtière canadienne régulièrement utilisé pour l’échantillonnage océanographique

Relevés, stations et échantillonnage

Chaque année, les eaux du golfe sont échantillonnées à différents moments de l’année à bord de navire scientifique de la Garde-Côtière Canadienne. Différents instruments de mesure sont mis à l’eau afin de recueillir de l’information sur des variables telles que la salinité, la température, la concentration d’oxygène dissout, la quantité de chlorophylle a et de sels nutritifs présents dans l’eau. L’échantillonnage se fait principalement par un appareil appelé rosette qui est descendu dans l’eau jusqu’à près du fond. Équipée de plusieurs sondes qui effectuent diverses mesures, la rosette est également munie de bouteilles qui, lors de la remontée, sont refermées pour récolter des échantillons d’eau à des profondeurs choisies. Des traits de filet sont aussi faits pour récolter du zooplancton dans le but d’en déterminer la quantité par espèce. Au moment des prélèvements, certaines données sont traitées en temps réel par ordinateur sur le navire. D’autres données sont calculées à partir des analyses effectuées dans un laboratoire mobile installé à bord (par exemple : filtration et concentration des échantillons d’eau, concentration d’oxygène dissous par titration) mais la plupart des résultats seront produits au retour, lors d’analyses subséquentes dans les laboratoires de l’Institut Maurice-Lamontagne.

La rosette utilisée pour l’échantillonnage en mer à partir du NGCC Teleost.

Durant les relevés de juin et d’automne, une série de 46 stations océanographiques sont visitées, regroupées en transects qui sectionnent le golfe, en plus de quelques stations situées entre ces transects ou à la tête des chenaux profonds. Des stations supplémentaires sont faites en juin sur le Plateau madelinien, jumelé avec un relevé pour dénombrer les oeufs de maquereau. En août et septembre, les ressources du PMZA sont jumelées avec un relevé annuel multidisciplinaire pour l’évaluation des stocks de poissons de fond et de la crevette nordique et plus de 500 stations océanographiques sont échantillonnées qui recouvrent l’ensemble du golfe. De plus, au cours de l’année deux stations océanographiques sont échantillonnées avec une plus grande fréquence temporelle. Il s’agit de la station Rimouski, échantillonnée nominalement une fois par semaine en saison estivale, et la station de la vallée de Shediac situé sur le Plateau madelinien et échantillonné une ou deux fois par mois aussi en saison estivale.

Dans les sections suivantes, les données de ces deux stations sont présentées sous forme de séries temporelles pour une sélection des variables mesurées. Des indices environnementaux calculés à partir des données obtenues lors des grands relevés sont aussi présentés. Ces indices représentent les conditions des couches de surface, intermédiaire et profonde du golfe. Les données brutes sont également disponibles en consultant le Système de gestion des données environnementales (SGDE). Des rapports annuels (physique, biologique ainsi qu’un avis scientifique zonal) sont disponibles auprès du Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) ou via le catalogue de l’OGSL.

Cliquez ici pour accéder aux séries temporelles du PMZA dans le catalogue de données de l’OGSL

Cliquez ici pour accéder aux rapports annuels du PMZA pour la région du Québec

Pour tout commentaires ou questions, communiquer avec : Peter.Galbraith@dfo-mpo.gc.ca

PMZA – Station à haute fréquence – Rimouski

L’évolution temporelle de quatre variables mesurées à la station Rimouski est présentée pour deux périodes, soit celle des trois dernières années et celle depuis le début de son monitorage en 1991.

Les figures montrent les valeurs moyennes mensuelles de la température (° C) et de la salinité, ainsi que des sels nutritifs (nitrate et nitrite ; mmol m-3) et de la chlorophylle a (mg m-3).

Les tableaux indiquent des valeurs moyennes mensuelles pour :

  • le minimum de température de la couche intermédiaire froide (CIF),
  • l’épaisseur (m) de la CIF (T < 1 °C),
  • la température, de la surface à 50 m,
  • la température, de la surface à 100 m,
  • les températures à différentes profondeurs, de 10 à 300 m,
  • la différence de densité de l’eau (kg/m3), entre la surface et 50 m, représentant la stratification,
  • la salinité, de la surface à 50 m,
  • les salinités à différentes profondeurs, de 10 à 300 m,
  • les sels nutritifs dans la couche de surface (0-50 m), zone où les sels sont principalement consommés par le phytoplancton,
  • les sels nutritifs, de 50-150 m, cette couche représentant la source principale de renouvellement pour les eaux de surface,
  • les sels nutritifs à différentes profondeurs, de 1 à 320 m,
  • la chlorophylle a dans la colonne d’eau (0-100 m),
  • la chlorophylle a à différentes profondeurs, de 1 à 100 m.

Dans les tableaux, la couleur des cases exprime l’anomalie normalisée, soit la déviation de l’état mensuel par rapport à une climatologie mensuelle à long terme. Le bleu exprime des conditions d’anomalies négatives, donc diminution de la température, salinité, de la concentration en sels nutritifs ou de la chlorophylle a. Le rouge exprime des conditions d’anomalies positives, donc augmentation de la température, salinité, concentration en sels nutritifs ou en chlorophylle a. Les cases blanches indiquent des conditions près de la normale (à l’intérieur de plus et moins un-demi écart-type de la climatologie à long terme, pour chaque mois et chaque profondeur). Les palettes de bleu et rouge sont proportionnelles à l’intensité de la déviation par rapport à la normale.

La température enregistrée à 300 m en mars 2022 est la plus élevée depuis 1991, soit le début du monitorage à cette station.

Rimouski station à haute fréquence – 3 dernières années

Rimouski station à haute fréquence – depuis 1991

PMZA – Station à haute fréquence – Station Vallée de Shediac

L’évolution temporelle de quatre variables mesurées à la station Vallée de Shediac est présentée pour deux périodes, soit celle des trois dernières années et celle depuis le début de son monitorage en 1999.

Les figures montrent les valeurs moyennes mensuelles de la température (° C) et de la salinité, ainsi que des sels nutritifs (nitrate et nitrite ; mmol m-3) et de la chlorophylle a (mg m-3).

Les tableaux indiquent des valeurs moyennes mensuelles pour :

  • la température, de la surface jusqu’à 50 m,
  • la température, de la surface jusqu’au fond,
  • les températures à différentes profondeurs, de 0 à 75 m,
  • la différence de densité de l’eau (kg/m3) entre la surface et 50 m, représentant la stratification,
  • la salinité, de la surface à 50 m,
  • les salinités à différentes profondeurs, de 0 à 75 m.
  • les sels nutritifs dans la couche de surface (0-50 m), zone où les sels sont principalement consommés par le phytoplancton,
  • les sels nutritifs dans la couche de 50-84 m (fond), zone représentant la source principale de renouvellement pour les eaux de surface,
  • les sels nutritifs à différentes profondeurs, de 5 à 75 m,
  • la chlorophylle a dans la colonne d’eau (0-84 m),
  • la chlorophylle a à différentes profondeurs, de 5 à 75 m.

Dans les tableaux, la couleur des cases exprime l’anomalie normalisée, soit la déviation de l’état mensuel par rapport à une climatologie mensuelle à long terme. Le bleu exprime des conditions d’anomalies négatives, donc diminution de la température, de la salinité, de la concentration en sels nutritifs ou de la chlorophylle a. Le rouge exprime des conditions d’anomalies positives, donc augmentation de la température, de la salinité, de la concentration en sels nutritifs ou de la chlorophylle a. Les cases blanches indiquent des conditions près de la normale (à l’intérieur de plus et moins un-demi écart-type de la climatologie à long terme, pour chaque mois et chaque profondeur). Les palettes de bleu et rouge sont proportionnelles à l’intensité de la déviation par rapport à la normale.

Remarquez l’appauvrissement estival des sels nutritifs, suite à la floraison printanière du phytoplancton, floraison représentée par de fortes valeurs de chlorophylle a.

Vallée de Shediac station à haute fréquence – 3 dernières années

Vallée de Shediac station à haute fréquence – Depuis 1999